L’auteur face à ses critiques

Toute personne publiant un bouquin à compte d’auteur – ou pas – finit par recevoir des critiques. Bonnes ou mauvaises.

Lorsqu’elles sont très bonnes, une joie indicible envahit l’auteur, un sentiment de pouvoir aussi, si l’on veut être honnête… Avec mon livre, j’ai donné du plaisir à un(e) inconnu(e)… Qui a payé pour ça en plus ! Et qui en redemande avec ça.

Je ne connais rien de meilleur. Pas même le sexe.

Lorsqu’elles sont mauvaises, c’est une autre paire de manche. C’est un coup de poignard dans le dos. L’auteur doute, puis se met en colère ou l’inverse. Comment ça ? Mais qui donc est cet abruti qui n’a pas apprécié ma prose sublime ? Qui n’a pas été foutu d’entrer dans mon intrigue savamment bâtie ? Et qui ose le revendiquer à la face du monde, par dessus le marché ?

Je viens de récolter mes deux premières critiques pour ma série. La première dit ceci : « Je n’ai pas accroché du tout. La lecture a été laborieuse pour moi. J’ai même zappé quelques pages pour arriver plus vite à la fin. » Aïe !

Après le doute et la colère, l’abattement. Limite la dépression. Bon, j’ai écrit une histoire merdique, j’y ai passé des mois et je ne m’en suis même pas rendue compte… Je suis une moins que rien, ma grand-mère me l’avait pourtant dit… Pff. (soupirs, larmes, petits verres de vodka pour encaisser le choc)

La seconde arrive un peu après : « Il y a fort longtemps que je ne m’étais pas autant éprise d’un livre… Je conseille fortement. Une vraie drogue ! »

Joie ! Bonheur sans mélange ! Félicité ! (et petits verres de vodka pour fêter ça dignement…)

Alors qui croire ? Lequel a raison ? Qu’en penser ? (et dans quel état j’erre ?)

Et bien rien. Rien du tout. Aucun des deux lecteurs – lectrices ? Rien ne permet d’en identifier le sexe dans le pseudo – n’a tort. Les deux ont raison à la fois, si vous préférez. Comme pour la physique quantique et ces particules bizarres qui sont à la fois à deux endroits différents, ce chat dans une boîte qui est à la fois mort et à la fois vivant. L’un des deux est entré dans l’histoire et s’y est ennuyé. L’autre s’est laissé happer et a adoré. Voilà tout.

Alors que doit penser l’auteur ? Que doit il faire ?

Selon moi, rien. Il doit juste travailler sur son nouveau projet, s’il le souhaite, et se taire.    Parce que l’auteur n’est pas plus fortiche que la physique quantique, n’est-ce pas… Alors que l’auteur la boucle et qu’il travaille.

Et d’ailleurs, c’est ce que je vais faire…

 

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Hors la romance, point de salut…

Comment atteindre le fameux top 100 des ventes d’ebooks dans le classement d’Amazon sans écrire une romance ?

Réponse : c’est – quasiment – impossible.

Le genre « littérature sentimentale », décliné sous toutes ses formes (suspense, contemporain, érotisme, etc.) truste les sommets. Au moment précis où j’écris ces lignes, l’ouvrage figurant en 100ème position de ce classement est numéro 158 du classement général, tous libres confondus.

Bon, un auteur courageux peut également s’en tirer s’il écrit dans la catégorie « Policier et suspense ». Il y en a quelques uns, biens placés, qui s’accrochent au top 100. Mais moins. Le 100ème bouquin de ce classement n’est qu’à la 358ème position du top 100.

kdp

Et donc ?

Et donc on peut en conclure qu’un auteur indépendant qui souhaite publier un ebook n’a pratiquement aucune chance de rencontrer le succès s’il n’inscrit pas sa prose dans l’une de ces deux catégories.

Ça ne veut pas dire qu’il faut renoncer à écrire autre chose que de la littérature sentimentale ou un thriller – ou un mélange des deux, ça se fait de plus en plus. Ça signifie simplement que dans ce cas, on doit se résoudre à écrire pour soi, ou pour une poignée de lecteurs tout au plus…

Autoédition : KDP, est-ce que ça marche ?

A lire si vous êtes, comme moi, un auteur indépendant… Et je confirme que l’inscription d’un livre dans l’abonnement KDP augmente considérablement le nombre de vos lecteurs. À titre personnel, je vends entre 50 et 80 exemplaires d’Une romance chaque mois. Mais plus de 120 personnes lisent mon histoire via cet abonnement (ce dernier point étant un peu plus difficile à calculer, puisque l’auteur connaît le volume total des pages lues, sans savoir si le lecteur a forcément été jusqu’au bout)…
Quant au format papier, c’est 0 exemplaires depuis sa parution, mais bon, je ne vois pas qui prendrait le risque de dépenser plus de 10 euros pour s’offrir un bouquin d’une auteure totalement inconnue !

http://www.idboox.com/…/interview-tour-dhorizon-de-lautoed…/

FIVERR !

Pour les auteurs indépendants qui sont nuls en design, graphisme et autres joyeusetés dans ce genre, je conseille vivement Fiverr… On s’inscrit, c’est simple comme bonjour. Et on trouve tout un tas de personnes qui peuvent vous fabriquer des couvertures d’ebooks, mais aussi traduire, créer, vous rendre tous les services possibles et imaginables… On peut regarder des exemples de création, sélectionner et choisir son « vendeur ». Le système de notation permet d’évaluer le sérieux de la personne.
Bon, seul bémol, tout est en anglais…
Cette nouvelle couverture d’Une romance et Sarah ne m’a coûté que 6 dollars… Paiement sécurisé via Paypal.

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Je recommande vivement :
https://www.fiverr.com

 

Le voisin

Ma première nouvelle érotique, en téléchargement gratuit pendant 5 jours…

Le voisin

Bon, la couverture est moche, je vous l’accorde volontiers… Je ne suis pas douée pour les couvertures.

 

Une romance & Sarah, l’intégrale

Ça commence comme une romance…
Sarah est une jeune femme débrouillarde et têtue, issue d’un milieu modeste. Elle rencontre un beau et séduisant milliardaire qui s’entiche d’elle, vous l’aurez deviné. Ça vous rappelle quelque chose, non ?
Sauf qu’il ne s’agit pas d’une énième variation sur le thème de la gentille stagiaire qui épouse le richissime beau mâle. Ou plutôt si, au début du moins. Mais avec Valentine Day et son humour tordu, l’histoire risque bien de partir en vrille et les personnages vont en voir des vertes et des pas mûres…

Entre romance, récit d’aventures et série noire, Valentine se balade d’un genre à l’autre et transgresse allègrement les codes de la littérature sentimentale…

Les deux volumes de la série, Une romance et Sarah sont ici réunis :

 

Une romance & Sarah, l’intégrale

Découverte : Juliette Di Cen

Lu sur les conseils de ma copine Condie…
Un texte nerveux, direct et super bien écrit – j’allais dire, bien balancé. Bref, à l’exact opposé des daubes érotico-sentimentales dont je me moque régulièrement.
Je vous recommande donc ce petit ouvrage percutant et sensuel, au format court… Une auteure à suivre :

 

Encore raté !

Voilà comment tous mes débuts de romances sentimentales explosent en vol…

Pff. Je me demande si j’arriverai un jour à faire autre chose qu’une parodie… tenez :

Gertrude Feucophe

J’ai failli devenir la maîtresse soumise du beau milliardaire riche

(Récit autobiographique écrit à la première personne)

Saison 1, volume 1 sur 73

 

 

À propos de l’auteure

 

 

Gertrude Feucophe est née en 1966 à Melun, chef-lieu de la Seine-et-Marne, et vit actuellement à Villeneuve-Saint-Georges. Elle partage son temps entre l’écriture et son boulot, parce qu’il faut bien croûter, mais lorsque son œuvre aura enfin rencontré un succès mérité et sera traduite dans vingt-quatre langues puis adaptée au cinéma par Steven Spielberg, elle a la ferme intention de s’installer en Californie et d’élever des pur-sangs dans son ranch. Elle donnera des interviews à Vanity Fair et se mettra à l’anglais, quoique les verbes irréguliers et les prépositions pourraient bien la rebuter mais bon, on verra bien.

 

 

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Tout a commencé dans le RER D, entre Juvisy et Maison-Alfort.

Il était six heure quarante-cinq du soir et j’étais plongée dans la lecture de Toute à lui, corps et âme — volume 8, « Trompée par une copine de mon beau-frère ». C’est une super histoire de Patricia Green, une auteure américaine dont je suis fan absolue tellement elle écrit bien. Ses bouquins sont addictifs et ses personnages particulièrement originaux. Tenez, sa dernière saga mettait en scène une jeune secrétaire jolie mais un peu naïve et un très beau milliardaire new-yorkais, qui lui faisait peu à peu découvrir des pratiques sensuelles et même des trucs un peu cochons, avec des foulards, des menottes, des canards en plastique et tout ça, enfin vous voyez ce que je veux dire… Il fallait le trouver, non ? J’ai beaucoup d’admiration pour ces auteures qui parviennent à nous tenir en haleine sur des centaines de pages avec de belles histoires, pas comme ces trous du cul dont on nous inflige la lecture au lycée rien que pour nous dégoûter de lire, j’imagine, genre Émile Proust ou Marcel Balzac, des gars qui vous torchent des descriptions pénibles sur des centaines de pages sans être foutus de goupiller la moindre histoire un peu glamour, les cons.

Bref, j’étais à fond dans ma lecture et je ne regardais ni l’or du soir qui tombait, ni les voiles au loin descendant vers Harfleur. J’étais en plein dans un passage hyper-sensuel, une scène particulièrement originale, lorsqu’ils se retrouvent tous les deux dans un ascenseur et qu’il ne peut pas résister à la violente impulsion de la plaquer contre la paroi pour lui rouler une pelle. Elle peu sentir sa virilité à travers l’alpaga de son pantalon, ce qui lui prouve bien l’impétuosité de son désir. Elle en est toute chamboulée, d’ailleurs, qui ne le serait pas dans de pareilles circonstances, je vous le demande ? Sans compter que Patricia Green n’utilise jamais de gros mots, ce qui ferait vulgaire et romprait le charme de la lecture. On comprend que le type bande comme un âne pendant qu’il lui roule sa galoche, mais l’auteure sait trouver de très jolis mots comme « virilité » ou « intimité » pour pimenter les scènes hots, et c’est tout de même vachement plus classe pour exprimer la montée du désir entre les deux protagonistes que d’écrire « bite » ou « chatte », voire pire. Enfin c’est mon point de vue.

Et c’est là que j’ai été interrompue dans ma lecture.

J’ai vu ce beau garçon vêtu d’un jean et d’une veste militaire courir dans ma direction dans l’allée centrale. Il était poursuivi par un noir en tenue de jogging qui tentait de le rattraper. Les passagers se retournaient sur leur passage, mais personne ne faisait rien. Évidemment. Les gens sont d’une lâcheté extraordinaire, on vit vraiment dans une société de connards égoïstes.

Moi, j’ai agi d’instinct. J’ai laissé passer le beau garçon et lorsque le black est arrivé à ma hauteur, j’ai mis ma jambe en barrage en travers de l’allée. Il s’est étalé de tout son long et a poussé un juron.

Lorsqu’il a tenté de se redresser, je lui ai balancé mon sac en pleine figure.

— Cet enfoiré m’a piqué mon portefeuille ! m’a-t-il crié en tentant à nouveau de se remettre debout.

   C’est ça, un blanc qui dépouille un noir dans le RER, c’est nouveau ça.

Face à tant de mauvaise foi, j’ai sorti ma bombe lacrymo et je lui en ai envoyé un bon jet en pleine figure, pour lui apprendre à vivre. Il s’est immédiatement recroquevillé en gémissant, les deux mains plaquées sur le visage.

Tous les regards étaient tournés vers moi, mais personne ne bougeait dans le wagon.

Je me suis levée dignement et je me suis dirigée vers le garçon qui avait interrompu sa course et se tenait devant la porte, une main accrochée à la rambarde et l’air stupéfait. Le train approchait de la gare de Villeneuve-Saint-Georges. C’était ma destination.

— Ça va, vous n’avez rien ? lui ai-je demandé en le gratifiant de mon plus aimable sourire.

Il a pris un air navré.

— I’m sorry, I’m English… I don’t speak french, m’a-t-il dit en écartant les bras d’un air gêné.

Ah, OK. Il était donc américain. Ça ne m’étonnait pas. Avec ses cheveux blonds, ses yeux d’un bleu magnifique et sa mâchoire carrée, il avait tout de l’athlète californien. J’aurais dû m’en douter…

— My name is Gertrude. Gertrude Feucophe ! lui ai-je annoncé en lui tendant la main.

Bizarrement, il a eu un mouvement de recul et son expression s’est teintée de surprise. Je me suis demandée si les Californiens pratiquaient la poignée de main ou si j’avais commis un impair. Mais il a finalement saisi ma main tendue et il a dit :

— Nick. I’m Nick.

Et il a rajouté un truc que je n’ai pas compris parce que j’avais fait à peu près le tour de toutes mes capacités conversationnelles en anglais.

Le RER venait de s’arrêter